Les Marchés Publics de Montréal
22 juillet 2020

Les meilleurs trucs pour conserver ses aliments

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Texte d’Édith Ouellet
Photo de @caillebot

C’est bien facile et tout à fait normal d’oublier un aliment plus “sensible” et périssable au fond du frigo après quelques jours. Conserver un peu de temps libre, soit 10 à 15 minutes au retour du marché pour bien mettre en application tous les trucs qui pourront vous éviter le sinistre passage au compost après quelques jours des aliments mal conservés.


Fruits et légumes

Les fruits et légumes sont les aliments les plus gaspillés parce que bien souvent nous n’avons aucune idée de la bonne méthode pour prolonger leur durée de vie. Voici donc quelques trucs bien utiles:

• Inspecter les fruits et légumes afin d’effectuer un premier tri et de placer les plus amochés de côté pour une consommation rapide.

• Retirer les attaches et élastiques susceptibles d’endommager plus rapidement l’aliment. Assurer une bonne gestion de l’humidité : décompacter les fruits et légumes pris dans des emballages trop serrés, percer les sacs pour laisser circuler l’air, placer un linge absorbant à l’intérieur des emballages et contenants et retirer les pellicules plastiques qui sont en contact direct avec les aliments. Inutile d’investir une fortune en contenants ultras spécialisés pour mieux conserver ses fruits et légumes : essoreuse à salade, simples contenants ou sacs de plastique pourraient très bien faire l’affaire.

• Les fruits plus délicats comme les petits fruits, pêches, poires, prunes, nectarines et compagnie devraient plutôt être disposés en un seul étage question d’éviter les yeux au beurre noirs causés par la mêlée.

• Ne laver les fruits et légumes qu’au moment de leur consommation. Un surplus d’humidité causé par le nettoyage c’est parfait pour voir apparaître des p’tits poilus et gluants dans notre frigo.

• Retirer les feuilles des légumes racines (betteraves, carottes, radis…) et les conserver à part pour les consommer plus tard.

• Apprêter les fruits et légumes en avance si ça nous permet de les consommer plus rapidement. Le melon et la laitue en sont de très bons exemples. Évidemment, tous fruits et légumes coupés devraient être conservés au frigo. Pst! Certains fruits et légumes se conservent très bien hors du réfrigérateur. Un petit truc : porter une attention particulière à l’environnement dans lequel ils sont disposés lorsqu’on nous les vend. Encore mieux ? Poser la question à notre marchand!

• Séparer les climactériques des non climactériques. La guerre c’est pas une raison pour se faire mal, mais l’éthylène oui!


Climactéquoi?! Climactérique!

Certains fruits et légumes (qui sont plutôt des fruits botaniquement parlant) sont climactériques, c’est-à-dire qu’ils continuent de mûrir après cueillette, car ils dégagent un gaz nommé l’éthylène ce qui accélère le vieillissement des non climactériques. Donc chacun de leur côté pour éviter que les pourritures n’envahissent notre cuisine.

Climactériques: Abricot, banane, cantaloup, mangue, nectarine, pêche, poire, pomme, prune, tomate, melon miel, avocat.

Non climactériques: Ananas, aubergine, fraise, framboise, bleuet, cerise, mûre, canneberge, citrouille, courge, concombre, courgette, melon d’eau, poivron, agrume, raisin.

Viandes, volailles et poissons

Je n’apprends rien à personne en spécifiant que les aliments très périssables comme la viande ou la volaille ça se conserve au froid, soit entre 0 °C et 4 °C. D’ailleurs ça peut être particulièrement pertinent de placer un thermomètre dans son frigo s’il date des années quatre-vingt question de vérifier qu’il est bien à la bonne température. Aussi, les aliments plus périssables ne devraient pas demeurer plus de deux heures à température ambiante. Après ce délai, on conseille d’éviter de consommer l’aliment puisque c’est un petit party de bactéries que l’on risque de retrouver dans notre assiette à ce moment.

Voici quelques trucs pour faciliter la gestion de ce type d’achat au retour du marché.

• Congeler dès notre retour les denrées que l’on n’est pas certain de consommer rapidement en privilégiant des petits formats individuels qui sont beaucoup plus faciles à décongeler.

• Mariner dans un contenant avant de placer au congélateur est une magnifique idée pour sauver du temps en semaine.

• Prendre le temps de transférer les aliments qui seront conservés au frigo dans un contenant hermétique. On veut absolument éviter que les jus de viande ne contaminent nos belles fraises du Québec, sinon on ne garantit pas trop la tournure du shortcake aux fraises.

• De façon générale, plus une viande ou une volaille a été transformée et manipulée, plus elle devra être consommée rapidement. Par exemple, la viande hachée peut être conservée 24 à 48 heures au frigo alors qu’un rôti pourrait l’être de 3 à 5 jours.


Laitages et fromages

Pour tous les produits laitiers la règle d’or à appliquer pour mieux les conserver est la loi du FIFO, soit First In First Out. On veut donc privilégier l’utilisation du produit arrivé en premier.

• Lait: doit être réfrigéré le plus rapidement possible au retour du marché. D’abord pour des raisons de salubrité, mais aussi parce que la lumière et la chaleur détériorent rapidement la valeur nutritive du lait. Comme disait notre mère : laisse pas le lait sur le comptoir!!

• La crème : avec une durée de conservation de 3 à 5 jours une fois ouverte pourquoi ne pas congeler rapidement les restes en petites quantités prémesurées en y inscrivant la date ? Parfait pour des recettes improvisées.

• Fromage : plus un fromage est humide, moins longtemps il se conserve. Les fromages frais, à pâte molle et à pâte demie ferme devraient être conservés dans un contenant hermétique à l’exception des fromages affinés en surface qui n’apprécient pas les emballages hermétiques. Les fromages fermes comme le parmesan devraient quant à eux plutôt être conservés dans un papier ciré ou d’aluminium ou encore mieux pour une option zéro déchet, un emballage réutilisable en cire d’abeille.

Astuce : tous les laitages et fromages peuvent être congelés. Par contre leur texture à la décongélation ne sera pas la même, mais ils pourront très bien être intégrés à des recettes par la suite.


Produits céréaliers

Une personne qui a déjà vu ramper dans sa farine quelques vers bien dodus conserves probablement déjà sa farine dans des contenants disons-le, du type hermétiquo-blindé-antiparasitaire-ark-pu-jamais. Voici donc quelques trucs afin d’éviter de devoir jeter nos belles réserves d’aliments secs méticuleusement accumulés (dit la fille qui a dû jeter pour une valeur de 75 $ d’aliments il y a quelques années).

Farine et grains : conserver la farine dans des contenants hermétiques en verre, en métal ou en plastique dur à température ambiante offre une bonne protection contre les petits vers un peu trop gourmands qui auront vite traversé les sacs de tous genres.

Farine entière : à la méthode de conservation de la farine régulière, on ajoute la congélation question d’éviter le rancissement de la belle farine bio dénichée au marché.

Pain : conserver le pain à température ambiante (on s’entend, pas s’il fait 75 °C) à l’abri de l’air s’il est consommé rapidement ou au congélateur pour éviter l’apparition de moisissure. Même s’il aide à prévenir l’apparition de moisissure, le réfrigérateur aura tendance à dessécher la mie du pain. Petit truc : une fois entamée, une miche de pain peut être conservée face coupée contre une planche de bois ou de marbre, rien de mieux pour favoriser la prochaine tranche et ainsi le consommer plus rapidement sans en gaspiller un seul morceau.

Pâtisseries à base de lait et d’oeuf : les conserver au réfrigérateur ou en faire l’achat le jour même question de s’éviter un brunch haut en couleur… indésirables.

Astuce : un pain durci sans moisissure est toujours propre à la consommation et délicieux. Suffit de le passer sous l’eau rapidement et de la place au four. À consommer avant refroidissement, autrement je ne rembourse pas les frais de dentistes.

Cet article a été rédigé par Édith Ouellet nutritionniste de profession pour qui saine alimentation et alimentation durable sont indissociables. Avec son style bien à elle et 0 % culpabilisant, elle tente d’influencer la population à adopter des habitudes alimentaires non seulement plus saines mais aussi plus respectueuses de la santé de la planète. Édith offre un tout nouveau cours pour vous appuyer dans votre démarche de manger local à l’année. Recettes, trucs, astuces et réponse à toutes vos questions, vous apprendrez l’essentiel pour devenir un vrai locavore…même au Québec!

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