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Les Marchés Publics de Montréal
8 juin 2022

Un verger urbain dans votre cour

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Un verger urbain dans votre cour

Sous l’impulsion du récent engouement pour l’agriculture urbaine, la culture des végétaux fruitiers se développe de façon spectaculaire un peu partout en Amérique du Nord. Toutefois, certaines personnes hésitent à planter des arbres fruitiers dans leur jardin car ils ont la réputation d’exiger beaucoup de soins. En utilisant certaines techniques de culture bio, il est toutefois possible de savourer des fruits juteux et sucrés avec un minimum d’entretien.

 

Cultivars résistants

Il y a plusieurs façons de diminuer la charge de travail nécessaire à l’entretien d’un verger. Tout d’abord, il est possible de choisir des espèces fruitières peu exigeantes. Ainsi, un verger urbain peut être composé d’arbres fruitiers bien rustiques et peu sujets aux attaques des insectes et des maladies tels que l’amélanchier à feuilles d’aulne, l’argousier, les cerisiers nains de la série SK ou le poirier asiatique.

De plus, il existe des variétés de cerises, de prunes, de poires et de pommes moins connues que celles généralement commercialisées mais qui sont plus résistantes que ces dernières aux insectes ravageurs et aux maladies. Par exemple, les variétés de pommiers ‘Freedom’, ‘Liberty’, ‘Macfree’ et ‘Redfree’ ont une excellente résistance aux maladies telles que la brûlure bactérienne, la rouille et la tavelure.

D’autre part, ‘Fall Red’, ‘Norland’, ‘Parkland’, ‘Rescue’ et ‘September Ruby’ sont des cultivars de pommiers très robustes qui survivent sans problème aux conditions hivernales rigoureuses qui sévissent en zone 2. Certaines de ces variétés, comme ‘September Ruby’ par exemple, sont cultivées avec succès en Alaska et au Yukon !

Quant aux poiriers, plusieurs variétés anciennes, telles que ‘Anjou’ et ‘Conférence’, sont encore cultivées aujourd’hui et donnent de bons résultats sous notre climat nordique. Pour leur part, les robustes cultivars Early Gold®, ‘Golden Spice’, ‘Krazulya’, ‘Larinskaya’, ‘Loma’, ‘So Sweet’ et ‘Ste-Sophie’ sont résistants aux maladies et rustiques en zones 2 ou 3. De nouveaux cultivars faisant partie de la série Harrow et Harovin ont été spécialement développés pour leur résistance aux maladies et leur capacité à survivre sous notre climat froid.

 

Culture bio

D’autre part, en planifiant et en entretenant votre verger en vous inspirant des principes de permaculture et des techniques d’agriculture biologique cela aura pour effet de diminuer les problèmes culturaux et les interventions nécessaires. Cela signifie non seulement d’utiliser des pesticides à faible impact environnemental et des fertilisants d’origine naturelle comme le compost mais également de planifier votre verger en misant sur une grande diversité d’espèces fruitières, en intégrant des plantes à fleurs qui attirent les insectes pollinisateurs et bénéfiques, en évitant de tondre constamment l’herbe au pied des arbres et en réduisant les travaux de taille par exemple.

De plus, comme la majorité des arbres fruitiers sont greffés, il est préférable de choisir des porte-greffes adaptés à notre climat nordique menant à la formation d’arbres de petite taille, plus faciles à entretenir et nécessitant moins de taille. L’utilisation de porte-greffes nains (Bud.9, M.9 ou M.26 par exemple) et semi-nains (M.7 ou MM.106 par exemple) ou de cultivars colonnaires permet d’éviter certains problèmes.

Les cerisiers, pommiers, poiriers et pruniers sont généralement autostériles – bien que certains cultivars peuvent parfois être partiellement autofertiles – et ne peuvent être pollinisés par leur propre pollen. Il est donc nécessaire de planter au moins deux spécimens, de deux variétés différentes, afin d’obtenir une bonne production de fruits.

Par contre, les cerisiers faisant partie de la série SK, developpés à l’Université de Saskatchewan, sont des petits arbres autofertiles, une seule variété est donc nécessaire pour assurer une bonne pollinisation. Ces cerisiers nains atteignent guère plus de 2,5 mètres de hauteur à maturité et sont particulièrement résistants au froid. Rustiques en zone 2b, ils survivent à des températures avoisinant les – 40 °C. Ils produisent des cerises bien sucrées, de couleur rouge foncé. ‘Carmin Jewel’, ‘Crimson Passion’, ‘Cupid’, ‘Juliet’, ‘Romeo’ et ‘Valentine’ sont quelques-uns des cultivars faisant partie de cette série.

 

Plantation et entretien

Peu importe le type d’arbre fruitier que vous choisissez, assurez-vous de le planter au plein soleil, dans une terre riche, meuble et bien drainée. Afin qu’ils produisent tous les fruits qu’on attend d’eux, les arbres et les arbustes fruitiers exigent qu’on leur fournisse du compost chaque printemps. Un apport annuel d’engrais naturel à dégagement lent riche en azote et en potassium – dont la formulation se rapproche de 5-3-8 – permet aussi aux végétaux fruitiers d’avoir une meilleure croissance et de produire davantage de fleurs et de fruits.

De plus, il vous faudra probablement un jour ou l’autre intervenir pour éloigner certains animaux de vos végétaux fruitiers. Ainsi, vous pouvez utiliser des répulsifs et des agrotextiles pour protéger vos récoltes des insectes ravageurs, de certains oiseaux et des animaux.

Un agrotextile est en fait une toile qui a l’aspect d’un voile de couleur blanche dont on recouvre les plantes sans toutefois diminuer leur capacité à faire de la photosynthèse. Il faut évidemment installer l’agrotextile un peu avant le moment où les insectes font habituellement leurs ravages. Il faudra cependant éviter d’installer l’agrotextile durant la période où les insectes pollinisateurs visitent les fleurs, sans quoi la production de fruits sera peu abondante, voire inexistante.

 

Plantation d’un arbre fruitier, étape par étape

Dans ce monde qui vacille, planter un arbre fruitier est un geste fort. Il s’agit assurément d’une activité à faire en famille afin d’inculquer à vos enfants l’amour et le respect de la nature. Mais encore faut–il effectuer la plantation adéquatement, avec un maximum de soins, afin d’assurer la meilleure reprise possible de l’arbre que l’on met en terre. Voici la technique de plantation, étapes par étapes :

 

  1. L’arbre que vous avez acheté doit absolument être transporté dans un véhicule dont la caisse est hermétique afin de le protéger contre le dessèchement.
  1. Creusez une fosse de plantation dont le diamètre excède de 30 cm le diamètre de la motte de racines de l’arbre à planter et une profondeur qui fait 30 cm de plus que la hauteur de sa motte. La moitié de l’espace sur lequel s’appuie la motte doit être constitué de sol existant ameubli sur lequel est ensuite ajouté une épaisseur égale de terreau de plantation.
  1. Enlevez le pot de plastique qui recouvre le système de racines de l’arbre.
  1. Placez l’arbre dans la fosse de façon que son collet – c’est la partie où les racines s’unissent au tronc – soit au même niveau que la surface du sol environnant. Vous pouvez vous servir du manche de votre pelle pour vous assurer que la partie supérieure de la motte, où est situé le collet, soit au même niveau que la surface du sol existant.
  1. Ajoutez ensuite le terreau autour de la motte par couches successives de 15 cm d’épaisseur en prenant soin de le compacter légèrement avec vos mains. Le terreau doit être composé de deux parties de terre existante mélangées à une partie de compost. N’oubliez pas d’ajouter au terreau une ou deux poignées de champignon mycorhizien pour arbres et arbustes.
  1. Stabilisez l’arbre à l’aide d’un tuteur de métal planté du côté des vents dominants. Fixez l’attache à l’extrémité du tuteur de sorte qu’elle soit située aux deux tiers de la hauteur totale du tronc de l’arbre. Pour éviter de vous blesser, enfoncez le tuteur avec un outil appelé plante-tuteur, sorte de cylindre creux fixé à deux poignées.
  1. Finalement, aménagez une cuvette en terre autour de l’arbre pour permettre la rétention de l’eau durant les mois qui suivront la plantation. Cette cuvette doit avoir un diamètre équivalent à celui de la fosse de plantation avec des rebords ayant environ 10 cm de hauteur. Arrosez abondamment une fois par semaine.

 

Texte et photo par Albert Mondor, horticulteur et biologiste.

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