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Les Marchés Publics de Montréal

Trottier et frères : La vie de marché en héritage

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Trottier et frères : La vie de marché en héritage

C’est Sylvain qui est derrière les longs étals remplis de fruits et légumes frais du kiosque familial lors de notre passage au marché Jean-Talon. Ses frères et collègues, Michel, Jules et Luc, sont sur la route ou chez un fournisseur, ou alors s’affairent à recevoir des caisses de belles grosses oranges juteuses. C’est qu’ils sont occupés, les Trottier !

Ces détaillants spécialisés en fruits et légumes sont des visages familiers au marché, et ce, depuis plusieurs décennies. Sylvain, qui a aujourd’hui 58 ans, estime qu’il travaille sur ce projet familial depuis déjà… 45 ans !

Famille_Trottier_1 Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

Enfant, avec ses frères et sœurs (ils étaient 12 !), il aidait son père, Jean-Paul Trottier, à la tenue de ce même kiosque. « On n’avait pas vraiment le choix de venir, mais ça ne nous dérangeait pas », se rappelle Sylvain, un brin mélancolique.

« Le plus grand des grands, c’était mon père », poursuit-il, ému. C’est la gorge nouée qu’il explique que sa mère, Lucille, est décédée lorsque le dernier des 12 enfants n’avait qu’un mois. Il était donc tout naturel pour les plus vieux d’aller donner un coup de main au paternel, qui devait s’occuper de la marmaille et du kiosque familial. Ce dernier a d’ailleurs travaillé au marché Jean-Talon pendant 40 ans.

Des décennies plus tard, force est de constater que les Trottier n’ont jamais quitté ce qui est, en fait, comme un nid familial.

D’une génération à l’autre

À l’époque, la famille vendait, entre autres produits, des légumes du Québec et les pommes provenant du petit verger de la terre familiale de Saint-Joseph-du-Lac. Au marché Jean-Talon ou à l’un des nombreux marchés de quartier en ville, elle approvisionnait ses clients réguliers en produits de qualité.

« Il y a 25 ans, la petite pomme de terre rouge, c’était tellement populaire, se souvient Sylvain. On en vendait tant qu’on devait remplir les étals de deux à trois fois par semaine ! Maintenant, c’est à peine si on en vend 25 livres par semaine ».

C’est qu’avant, les familles à nourrir étaient nombreuses. La clientèle achetait des kilos de nourriture (« des poches de 20 livres de Cortland ! ») afin de cuisiner de grandes quantités et de faire des conserves. Maintenant, la clientèle privilégie avant tout la diversité, en venant, plusieurs fois par semaine, acheter ce qui est frais et en saison. On veut de beaux avocats, des concombres croquants, des petites clémentines bien sucrées, des mangues exquises et les toujours très populaires fraises du Québec.

Aux premières loges des changements dans les habitudes de consommation des Québécois, les Trottier ont été témoins de l’évolution des familles d’ici. À un certain point, la demande était très forte. « Il est devenu difficile de produire nos propres fruits et légumes en plus de tenir un kiosque pour les vendre », explique Sylvain Trottier. C’est pourquoi ils ont décidé de concentrer leurs efforts à aller dénicher les meilleurs produits qui soient, ici comme ailleurs.

« On a fait le choix de se diversifier afin que notre clientèle retrouve de tout chez nous, souligne Sylvain avec fierté. La qualité des produits que nous allons chercher partout dans le monde est irréprochable », au plus grand bonheur de leurs plus fidèles clients. Au fil des années, les Trottier ont aussi tissé des liens durables avec les acheteurs grossistes et même avec ceux qui préparent leurs commandes. C’est Jules, un des frères Trottier, qui s’y rend chaque jour afin d’observer le va-et-vient dans les entrepôts. Œil de lynx, il connaît tous les stocks et s’assure d’obtenir les derniers arrivages pour offrir une qualité hors pair et constante.

Des visages bien connus

Sylvain répond sans aucune hésitation quand on lui demande ce qui le motive à continuer ce travail chaque matin : « Le contact humain et privilégié que j’ai avec mes clients. Ils nous connaissent par notre nom et prennent régulièrement de nos nouvelles ». Il cite en exemple une gentille nonagénaire qui vient chercher ses bleuets tous les dimanches, à 16h45. « Tout comme nous, cette madame a besoin du contact humain qui vient avec l’achat de nourriture. Elle ne veut pas acheter ses bleuets à une caisse automatique en libre-service. Elle veut voir un vrai visage, un vrai sourire ».

La clientèle est visiblement ce que les Trottier ont de plus précieux, outre la famille, bien sûr. « On ne se le cachera pas, on travaille beaucoup. On fait généralement des journées de 12 heures. Mes frères et moi, on peut être ici de 6 à 18 heures ». D’où la grande chance de pouvoir travailler en famille : « Il y a une grande compréhension entre nous et une bienveillance réciproque. Certainement une grande confiance, aussi », mentionne Sylvain, les yeux brillants, en parlant de ses frères. La fratrie n’hésite jamais à s’entraider et à se relayer pour donner une pause bien méritée à l’un ou à l’autre.

Famille Trottier_Marché JT (1)

Le quinquagénaire se rappelle d’ailleurs un souvenir de jeunesse marquant : « Lors des journées pluvieuses, on espérait tellement que notre père décide de ne pas ouvrir le kiosque. “ Est-ce qu’on va ouvrir aujourd’hui ”, lui demandait-on tôt le matin. Eh oui, on ouvrait ! L’eau coulait sur notre tête, sur nos produits, mais on était là, et la clientèle aussi ».

« Ça m’a appris une chose : que les meilleures journées ne sont pas toujours celles qui sont ensoleillées », conclut-il, philosophe.

Questions en rafale :

Quelques mots pour décrire le marché Jean-Talon…
C’est toute ma vie.

Qu’est-ce qui vous motive à venir ici tous les jours ?
La facilité qu’on a à rentrer travailler. Le contact qu’on a avec les gens.

Un produit que vous n’aviez pas avant et qui est fort populaire maintenant ?
Les avocats ! On ne vendait pas ça à l’époque. Maintenant, on en a à l’année parce que la demande est là.

 

Texte de Virginie Landry, magazine Caribou

Photos de Daphné Caron

 

La grande famille des Marchés publics de Montréal est forte des producteurs, des marchands et des artisans qui la composent. Depuis des années et des générations, ils se lèvent tôt, expérimentent, ratent parfois, recommencent tout le temps, veillent, récoltent et réussissent ! Jour après jour, ils se tiennent fièrement debout derrière leurs étals comme au bout d’une table où ils nous invitent à manger. Ils sont le cœur et l’âme d’un marché, l’essence de sa personnalité, la raison pour laquelle on a envie d’y retourner. La série Portrait de famille tient à rendre hommage et à raconter l’histoire de ces piliers de nos Marchés publics.

 

Ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du Programme d’appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région.

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