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Les Marchés Publics de Montréal

Un fleuriste à l’épreuve du temps

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Un fleuriste à l’épreuve du temps

« Est-ce que Gilles est encore là? » demandent parfois des clients. Gilles Duchesne, ou « Monsieur Gilles » comme l’appelle son associé, Gerry Desjardins, est un fleuriste jeune de 91 printemps qui tient le kiosque portant son nom situé à la sortie du métro Square-Victoria-OACI depuis 35 ans (« ou 36 ans, je ne sais plus », lance-t-il). Oui, Gilles est encore là!

Les personnalités des deux hommes, qui travaillent ensemble depuis déjà 52 ans, sont contrastantes. Gerry, qui aura bientôt 64 ans, calme et posé, chuchote pratiquement tous ses mots. À l’opposé, Gilles parle fort, a un rire contagieux et dit absolument tout ce qui lui passe par la tête. Ce qui les unit, c’est leur amour des fleurs et du travail bien fait. Un troisième fleuriste, Monsieur Champagne, 80 ans, vient leur prêter main-forte en haute saison.

La fleuristerie est une affaire de famille tant pour l’un que pour l’autre. « On a même des noms de famille [rappelant les] arbres », fait remarquer Gerry Desjardins, sourire en coin. Ce dernier a commencé à travailler dans les fleurs à l’âge de 12 ans, alors que son père avait un kiosque à Montréal. Même lorsqu’il était contremaître à temps plein pour la Ville, il a toujours travaillé « on the side » dans le kiosque à fleurs de Monsieur Gilles, celui qu’il appelle son « oncle », même s’il ne l’est pas réellement. Pour sa part, Gilles Duchesne est fleuriste « depuis 100 ans », selon ses calculs. Aussi bien dire qu’il est fleuriste depuis toujours.

Un Montréal d’une autre époque

Avant de s’établir au square Victoria, Monsieur Gilles était installé à la place Jacques-Cartier, en plein cœur du Vieux-Montréal; ses fleurs occupaient près de la moitié de cet endroit fort achalandé. À l’époque, c’était un Montréal bien différent. « Quand on ouvrait le kiosque, les gens le savaient, on annonçait le printemps », se souvient Gilles Duchesne, un brin nostalgique. Il parle d’un temps où des accordéonistes faisaient danser la clientèle devant son kiosque, où les touristes se bousculaient pour lui acheter des fleurs et où le maire Jean Drapeau envoyait à tout bout de champ sa secrétaire lui chercher de gros bouquets.

C’est d’ailleurs Drapeau qui lui a suggéré de quitter le Vieux-Port pour déplacer son kiosque au centre-ville. « Le maire Drapeau est venu me voir et m’a dit : “Gilles, il faut que tu ailles voir ça [le square Victoria]! C’est là que tu dois aller si tu veux faire du business!” » raconte le fleuriste. Il avait raison, se souvient Monsieur Gilles.

Nouveau départ

Au milieu des années 80, Gilles Duchesne et Gerry Desjardins font donc le saut vers le square Victoria. Leur kiosque s’est d’abord élevé là où passe aujourd’hui la rue du Square-Victoria. Il a bougé de quelques pieds depuis, se rapprochant de la bouche de métro donnant sur le coin des rues Saint-Jacques et McGill.

La clientèle en est devenue une d’affaires. « Ce sont les gens qui travaillent dans les bureaux qui viennent acheter des fleurs, explique Gerry Desjardins. Beaucoup de monde récupère des bouquets pour des anniversaires ou des départs à la retraite. »

À son arrivée à ce nouvel emplacement, Monsieur Gilles s’est lié d’amitié avec un certain Pierre Péladeau, dont le bureau, au siège social de Québecor, faisait face au kiosque à fleurs.

« Tous les midis, Pierre venait me saluer et repartait souvent avec des fleurs. Il venait me raconter ses voyages en Italie. J’ai eu tellement de plaisir avec lui », se souvient-il en pointant fièrement une photo d’eux devant son stand prise à peine quelques semaines avant le décès de Pierre Péladeau, en 1997.

Depuis quelques années déjà se sont ajoutés à la clientèle d’affaires les gens qui habitent dans les tout nouveaux condos du Vieux-Port, très friands de bouquets de fleurs coupées. Gerry Desjardins estime que certains viennent « plusieurs fois par semaine pour fleurir leur appartement ».

 

Fleurs saisonnières

Les fleurs de saison sont toujours très populaires, soutient Gerry Desjardins. Lorsque les tulipes sont en saison, certaines personnes viennent en chercher tous les jours. Il en va de même pour les roses et les pivoines. « On a quelques clients réguliers qui adorent les lys. On en a toujours pour eux », ajoute-t-il.

Au kiosque de Gilles et Gerry, on trouve une offre variée : des bouquets, mais aussi des jardinières, d’immenses fougères et des petits arbres.

Monsieur Gilles s’occupe des bouquets de roses, et Gerry, du reste. Ses bouquets sont colorés, éclatés, loin de la mode des bouquets pastel. Le fleuriste ose mélanger le rose, l’orangé, le mauve et le rouge, au grand bonheur des passants et passantes qui s’arrêtent pour admirer le fruit de son labeur.

 

Une retraite qui n’arrivera jamais

Monsieur Gilles, plutôt en forme pour un nonagénaire, ne prévoit pas s’arrêter de sitôt. Son collègue explique que puisqu’il n’a pas de femme ou d’enfants, sa famille, c’est sa clientèle. « Il s’ennuie lorsqu’il n’est pas au travail », déclare Gerry Desjardins. Par ailleurs, Gilles Duchesne travaille debout toute la journée (il n’y a pas de chaise dans le kiosque!) et va lui-même à Dorval trois fois par semaine chercher les arrivages de fleurs.

Gerry Desjardins, lui, est un grand marcheur. Il se rend jusqu’au marché Atwater fréquemment, ou encore au quai de l’Horloge. Même s’il songe chaque année à prendre sa retraite, il n’a pas encore décidé quand il arrêtera véritablement.

Grands voyageurs, les deux hommes pensent déjà à leurs prochaines vacances, qu’ils prendront une fois la saison des fleurs terminée, à l’automne. Gerry espère se rendre en Europe, visiter la Suisse, peut-être, alors que Gilles prévoit faire en novembre une énième croisière avec des amis qui vivent à l’étranger.

Visiblement, les fleurs, ça garde le corps et l’esprit en forme!

 

 

 

 

Texte de Virginie Landry, Magazine Caribou
Photos de Dominique Viau, BODOÜM Photographie

 

 

 

 

La grande famille des Marchés publics de Montréal est forte des producteurs, des marchands et des artisans qui la composent. Depuis des années et des générations, ils se lèvent tôt, expérimentent, ratent parfois, recommencent tout le temps, veillent, récoltent et réussissent ! Jour après jour, ils se tiennent fièrement debout derrière leurs étals comme au bout d’une table où ils nous invitent à manger. Ils sont le cœur et l’âme d’un marché, l’essence de sa personnalité, la raison pour laquelle on a envie d’y retourner. La série Portrait de famille tient à rendre hommage et à raconter l’histoire de ces piliers de nos Marchés publics.

Ce projet a été réalisé en partenariat avec la Ville de Montréal


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