Accueil
À propos
Trouvez votre marché
Devenir marchand
Contactez-nous
   en
Marchés
Marchands
Portraits de famille
Marché Jean-Talon en ligne
Sacs et certificats-cadeaux
Produits
Recettes
Blogue
Arrivages
Carte
À propos
- Conseil d’administration
- Kiosques de la relève
Contactez-nous
- Devenir marchand
- Médias
- Questions et commentaires
Les Marchés Publics de Montréal

Fromagerie Atwater: L'homme aux 1000 fromages

Tous les portraits

Fromagerie Atwater: L'homme aux 1000 fromages
Derrière son vaste comptoir qui déborde de fromages, Gilles Jourdenais, qu’on reconnaît à son béret, sert sa clientèle avec enthousiasme. Propriétaire de la Fromagerie Atwater depuis 1983, il est toujours aussi passionné. « Servir les clients au comptoir, leur proposer des nouveautés, c’est ce que je préfère », indique l’énergique fromager.

L’histoire de Gilles est intimement liée à celle du marché Atwater qu’il a tatoué sur le cœur. « J’aime dire à mes employés que j’ai grandi au marché, c’était comme ma garderie. » Sa grand-tante tenait une petite boutique de tabac à pipe, d’œufs et de miel que ses parents ont rachetée en 1972. C’est là que tout a commencé.

Dès l’âge de 7 ans, Gilles y rejoignait ses parents après l’école et ses matchs de baseball. « Mon coach venait me reconduire avec sa MG décapotable, j’étais impressionné », se remémore-t-il. Le garçon passait le balai et nettoyait le plancher à la serpillière. Il devait aussi récupérer ici et là les journaux de la veille. « À l’époque, on emballait les paquets d’œufs dans du papier journal attaché avec de la corde. » Il aimait déjà l’ambiance du marché et ses responsabilités à hauteur d’enfant.

En 1976, ses parents ont agrandi ce qui s’appelait le Marché Fernand et ajouté un comptoir de charcuteries. Ils ont du même coup transféré le tabac dans un kiosque détaché qu’ils gardaient fermé à clé. « La santé publique ne voyait pas d’un bon œil qu’on vende du tabac dans un magasin d’alimentation. Et les fumeurs de pipe, surtout des hommes âgés, se faisaient de plus en plus rares. »

Jeune adolescent, Gilles accompagnait ces clients au kiosque et calculait le prix des « mains de tabac » (un bloc de 35 x 5 cm, selon la sorte) achetées. « Mon père me faisait confiance, j’étais bon en maths. » Dès lors, il savait qu’il prendrait la relève de ses parents. « Dans ma tête, c’était clair. Je me voyais propriétaire d’un commerce de produits pêle-mêle. » L’amour des fromages fins est venu plus tard… un peu par hasard.

1000 fromages en boutique

La première fois qu’il a goûté à un roquefort, Gilles a recraché sa bouchée illico. « Aujourd’hui, je déjeune au roquefort », précise-t-il. Il est aussi friand de fromages de chèvre et de fromages à pâte ferme. Un voyage de ski en Autriche, à l’âge de 17 ans, a tout changé. « Pour la première fois, je goûtais des plats que je ne connaissais pas. » Il est revenu avec une nouvelle curiosité pour la gastronomie et un intérêt pour les fromages et les voyages qui ne s’est pas tari depuis. « J’ai commencé à “tripper” fromage. Je suis autodidacte, j’ai appris dans les livres. »

Son père, député fédéral, s’absentait souvent à l’époque. « On va vendre le magasin, que veux-tu faire ici? » lui a demandé son père. « Je veux juste avoir du plaisir », a-t-il répondu. À 18 ans, Gilles a donc pris les rênes du magasin, qu’il a tout de suite renommé La Fromagerie Atwater, conseillé par des restaurateurs français devenus mentors. Il a commencé à offrir une diversité de fromages qui répondaient aux demandes de la clientèle immigrante venue d’Europe.

Sa chance? L’unique importateur de fromages français du Canada était situé à Verdun, non loin du marché. « Je préparais de bons sandwichs aux gars de la shop et ils me laissaient me promener dans les frigos à ma guise. Je me faisais un devoir de goûter à tout. » Il a profité des rénovations du marché, à la fin des années 80, pour doubler la superficie de la fromagerie et augmenter son offre de fromages.

Aujourd’hui, La Fromagerie Atwater propose à l’année quelque 1000 fromages – dont 350 du Québec –, 2000 produits d’épicerie fine, une grande sélection de charcuteries et plus de 800 bières de microbrasseries. « Je demande à mes employés de connaître tous les fromages. Après environ trois mois, ils sont prêts à conseiller les clients sans supervision. »

Pour le marchand, le service à la clientèle est sacré, tout comme la qualité des produits. « Je veille à ce que les produits soient impeccables et offerts à prix raisonnables. Je porte attention aux petits détails, c’est pourquoi les clients nous font confiance, qu’on a une bonne réputation. »

Derrière le comptoir, il règne un esprit de franche camaraderie. De sa voix qui porte, Gilles multiplie les anecdotes, propose des recettes, prend des nouvelles de ses clients réguliers. « Je m’entoure de gens compétents avec qui j’ai du plaisir à travailler. Les clients le ressentent. J’ai 65 employés qui travaillent avec moi – et non pour moi. Comme eux, je porte le tablier, je sors les poubelles et je passe la moppe. »

Homme excessif, Gilles a récemment décidé de ralentir (un peu!) la cadence. Sa fille Catherine dirige l’autre succursale de l’entreprise, située dans la rue Ontario, et prendra assurément la relève. « J’ai été choyé dans la vie et c’est la cerise sur le sundae. L’important, c’est que ma fille ait du plaisir. Tout comme j’en ai. »

Questions en rafale à Gilles Jourdenais

Trois mots pour décrire l’ambiance du marché Atwater?

Convivialité, fraîcheur et constance.

La chose qui vous motive à vous lever si tôt le matin?

L’amour que j’ai pour la vie. Je m’émerveille de tout.

Votre plus beau souvenir au marché?

Tous les ans, le 31 décembre. L’ambiance est festive, effervescente. C’est aussi un moment pour faire le bilan, apprécier l’année qui vient de passer au marché.



Un texte de Sophie Allard, magazine Caribou

Photos de Dominique Viau, BODOÜM photographie

La grande famille des marchés publics de Montréal est forte des producteurs, des marchands et des artisans qui la composent. Depuis des années et des générations, ils se lèvent tôt, expérimentent, ratent parfois, recommencent tout le temps, veillent, récoltent et réussissent ! Jour après jour, ils se tiennent fièrement debout derrière leurs étals comme au bout d’une table où ils nous invitent à manger. Ils sont le cœur et l’âme d’un marché, l’essence de sa personnalité, la raison pour laquelle on a envie d’y retourner. La série Portrait de famille tient à rendre hommage et à raconter l’histoire de ces piliers de nos marchés publics.

Ce projet a été financé par l’entremise du Programme Proximité, mis en œuvre en vertu du Partenariat canadien pour l’agriculture, selon une entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec.


Partagez...


Haut de page

Infolettre Marchés Publics de Montréal

Recevez les nouvelles fraîches par courriel !


Nous ne partageons votre courriel avec quiconque,
pas plus que nous ne vendons cette information ou la promouvons à des tiers.