Les Marchés Publics de Montréal
15 janvier 2021

Des légumes bio toute l’année

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Des légumes bio toute l’année

Texte de Samuel Larochelle, cariboumag.com
Photo de Daphné Caron

Au Marché Atwater, Valérie Benoit est devenue une référence pour les amoureux de légumes biologiques. Les clients n’ont d’ailleurs pas l’occasion de s’ennuyer d’elle durant l’hiver, puisque l’entreprise Pure Horticulure, qu’elle possède avec son conjoint Stéphane Buquet, produit à l’année longue.

La crise sanitaire a eu un impact majeur sur les ventes de Pure Horticulture, au printemps et à l’été 2020. «On a produit 25% de plus pour répondre à la demande. Les gens voulaient revenir à la base en faisant leur jardin et en s’alimentant localement, ce qui est en plein notre créneau, souligne la maraîchère. On a travaillé en fou!»

Afin de gérer leur kiosque du Marché Atwater, Valérie Benoit a pu compter sur son équipe. Elle se dit particulièrement bien entourée. «J’ai une super belle équipe avec moi. Je m’assure d’être sur place au moins quatre jours par semaine, mais il me faut des employés en or pour gérer la suite.»

De son côté, son conjoint Stéphane Buquet lui, s’occupe de la production, des employés et de la comptabilité. Après des années à travailler aux Serres Riel, le Français d’origine a lancé Pure Horticulure à Saint-Rémi, en Montérégie, avec différents partenaires, avant de s’associer officiellement avec sa conjointe, qui travaillait sur le terrain depuis 2012. «Au départ, on ne voulait pas mélanger les affaires et les amours, dit Valérie. Finalement, on a pris mille détours avant d’arriver à ce qui était le plus simple : devenir associés.»

Pour l’amour du bio

Si le nom de l’entreprise est un clin d’œil au passé horticole à l’entreprise de production de fleurs que Stéphane Buquet a rachetée, l’adjectif «pure» se veut une évocation métaphorique des produits bio. «En 2012, le bio n’était pas encore un courant très fort. Les gens ne comprenaient pas le concept, se souvient Valérie. Mais, pour Stéphane, qui avait travaillé dans des serres et qui savait à quel point les produits chimiques étaient surutilisés, c’était un choix évident. Moi-même, je mangeais bio avant de le produire. C’est un mode de vie pour nous.»

Un mode de vie qui exige le respect de plusieurs règles afin de conserver la certification officielle, mais qui implique également plus de travail sur le terrain. «Un traitement fongicide biologique fonctionne vingt fois moins qu’un traitement chimique, alors il faut traiter plus, faire plus de prévention, avec de moins grands effets et davantage de pertes», explique-t-elle.

Avec les années, les producteurs ont néanmoins pris du galon. «On apprend et on observe. La plante nous dicte quoi faire, à l’inverse d’un producteur traditionnel qui décide qu’il veut la plante prête pour le 15 juillet», dit-elle.

Le potentiel des serres

Pour augmenter leur productivité, en 2019, un nouveau système de chauffage au gaz naturel a permis aux entrepreneurs de produire à l’année longue. «Avant, on arrêtait la production d’octobre à janvier, car les coûts de chauffage au mazout étaient trop élevés, explique Valérie. Notre nouveau système est beaucoup plus économique et meilleur pour la planète.»

Alors que le gouvernement québécois envisage une baisse des coûts d’hydroélectricité pour soutenir la production en serres, la productrice maraîchère juge l’idée appréciable, bien qu’insuffisante. « Il n’y a pas beaucoup de serres alimentées en électricité au Québec. La plupart utilisent de l’huile pour se chauffer. » Elle croit davantage aux subventions favorisant la transition énergétique, comme celle dont son entreprise a profité. «Cela dit, nos serres ont des lumières qui fonctionnent avec l’électricité, donc le projet du gouvernement va aussi aider. On doit tout faire pour acroître la production de fruits et de légumes de proximité.»

Ainsi, l’équipe de Pure Horticulture produit 70 variétés de fines herbes à l’année. De mars à juin, elle se concentre sur les plants de légumes à vendre, avant de se dédier à la production d’une cinquantaine de variétés de légumes de juin à février. L’entreprise est portée à bout de bras par deux amoureux aux forces complémentaires. «À l’exception des réunions de gestion pour le marché et la production, on a vraiment chacun nos tâches. La passion pour la production maraîchère vient de Stéphane à la base. Moi, je suis meilleure avec le public, la présentation visuelle et le marketing. On a uni nos forces pour faire ce que qu’on aime et ce en quoi on croit!»

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